Atlas de Bretonnie

Atelier des moddeurs · guide · 29 min de lecture

Modder Total War avec une IA : méthode, outils et exemples

Quatre jours de chantier pour faire entrer dans Warhammer III une carte de campagne entière de Warhammer I : elle se charge et se joue, et le rendu comme la stabilité se peaufinent encore. Une IA à l'exécution, un humain au jugement. Voici comment s'y prendre : quelle IA, comment démarrer, comment la brancher sur les outils du modding, comment organiser le travail pour qu'elle refasse le moins possible les mêmes erreurs, et des exemples à copier.

Relu le 25 septembre 2026, mise à jour 9.0. Écrit contre ses sources, la documentation de Claude Code et de Codex, RPFM 5.0.6 ; ce que la 9.0 a changé sur notre chantier y est ajouté, le reste n'a pas été revérifié point par point. Dans le doute, vérifiez, et dites-le-nous.

Le partage des rôles§

« Moi j'ai le cerveau, et toi tu es l'exécution » : c'est ainsi que Charles a résumé le travail. Une IA d'aujourd'hui, utilisée en agent (elle lit vos fichiers, lance des commandes, écrit du code et vérifie ce qu'il produit), abat le travail de fond d'un gros mod. Le jugement, lui, reste humain.

L'humain : le cerveau

  • décide ; ses décisions s'écrivent « à ne pas rediscuter »
  • juge en jeu, face à une référence : est-ce beau, fidèle, amusant ?
  • valide le lore et ses sources : une IA peut inventer avec aplomb
  • voit l'écran : l'IA ne le voit que si vous le lui montrez
  • décide de ce qui se publie ; seul à supprimer
la consignela preuve

L'agent IA : l'exécution

  • écrit les scripts (Python, Lua) et des milliers de lignes de tables
  • décortique les fichiers du jeu, lit les vidages de plantage
  • pilote RPFM par MCP, lance en ligne de commande les exports et les validations de CAIME (Campaign AI Map Editor), l'éditeur du Campaign Map Toolkit
  • tient la documentation, le journal des erreurs, les passations
  • mène les essais et rapporte les preuves

Les mots du modding (pack, startpos, témoin…) sont expliqués dans le guide des outils. Cinq mots de plus pour ce guide : une session, c'est une conversation d'agent, avec son domaine ; une passation, la note qui confie un chantier à une autre session ; un préavis, l'heure annoncée avant d'écrire dans une ressource commune ; MCP (Model Context Protocol), la prise standard par laquelle un agent se branche sur un outil ; un heredoc, un bloc de texte collé dans une commande du terminal.

Quelle IA choisir§

Concrètement : l'un de ces deux modèles, ou plus tard le plus capable pour le code (les noms changent vite), utilisé en agent (Codex pour GPT-6, Claude Code pour Claude), dans le terminal ou dans l'application de bureau, et non dans une simple fenêtre de discussion. L'agent lit le dossier du projet, lance les outils, relit ce qu'ils produisent et corrige ; une fenêtre de discussion vous fait tout recopier à la main.

Fenêtre de discussion ou agentUne fenêtre dediscussionVous y collez le fichierVous recopiez sa réponse dansle fichierVous lancez l'outil, vousrecopiez l'erreurtout passe par vos mainsUn agent :Claude Code, CodexIl lit le dossier du projetIl lance l'outil et lit sasortieIl corrige, puis vous montrela preuvevous jugez
Dans une fenêtre de discussion, tout passe par vos mains ; un agent lit, lance et corrige lui-même, puis vous rapporte la preuve. Vous gardez le jugement.

Un gros abonnement, parce qu'un chantier de modding, ce sont des sessions longues, souvent plusieurs en parallèle : chez nous, jusqu'à quatre sessions à la fois (le 23 septembre), chacune sur son domaine.

Premier pas§

Vous n'avez jamais utilisé d'agent ? Sept gestes, dans l'ordre, avant la première vraie tâche :

Premier pasFaire une copie datée du dossier du modou le mettre sous git : l'agent écrit dans vos fichiers, lacopie permet de revenir en arrière.1Installer l'agentClaude Code ou Codex, depuis leur page officielle ; tousdeux existent aussi en application de bureau.2L'ouvrir dans le dossier du moddans un terminal ; pour Codex, codex au lieu de claude ;dans l'application de bureau, ouvrez ce même dossier.cd mon_modclaude3Écrire le point d'entréeà la racine, sur le squelette plus bas ; pour Claude Code,un CLAUDE.md ; pour Codex, un AGENTS.md ; dans Claude Code,/init en propose un premier jet à corriger.CLAUDE.mdAGENTS.md4Régler les autorisationsau début, qu'il vous demande avant chaque commande ;dans Claude Code : /permissions.Le point d'entrée oriente l'agent, il ne verrouille rien :un interdit sûr se règle dans ses autorisations.5Brancher RPFMlancer rpfm_server.exe ; l'ajouter à l'agent depuis unautre terminal ; rouvrir l'agent ; vérifier avec /mcp(détail plus bas).6Première consigne, en lecture seule« Décris-moi mon pack sans rien modifier, et dis d'où tutiens chaque information. »Jugez la réponse avant toute écriture.7
Sept gestes avant la première vraie tâche : une copie pour revenir en arrière, l'agent dans le dossier du mod, un point d'entrée, des autorisations, RPFM branché, et une première consigne qui ne modifie rien.

Les commandes du geste 3, dans un terminal (remplacez mon_mod par le chemin du dossier de votre mod ; pour Codex, codex au lieu de claude) :

cd mon_mod
claude

Pour installer l'agent, suivez sa page officielle : Claude Code ou Codex. Tous deux existent aussi en application de bureau, si le terminal vous intimide. Dans Claude Code, les autorisations se règlent par /permissions : règles « ask » et « deny », ou un hook. Le détail du branchement de RPFM est plus bas, « Brancher RPFM, pas à pas ».

Brancher l'IA sur les outils§

Une IA ne vaut que par ce qu'elle peut toucher. La règle : tout ce qui peut se faire sans fenêtre doit se faire sans fenêtre.

Sans fenêtre d'abordL'IA à l'écrand'abord, se demander ce que l'écran apprendraitque le disque ne donne pas ; personne ne toucheau PC ; après, vérifier le clavier.seulement avec votre accordVous : à la mainTerry : peindre, poser les objets ; le jugementen jeu.Vous : un clicBOB : Start, ou Process with BOBdans Terry ; CAIME : importer une couche(Tools → Import → Layer data).L'IA seule, sans fenêtrefichiers, tables XML, rules.bob, couches.hex_layer écrits par script ; RPFMpar MCP ; CAIME : process et validate.à préférerplus lent, plus risqué
Plus on monte, plus c'est lent et risqué : ce qui peut se faire sans fenêtre ne se fait pas à l'écran.

Brancher RPFM, pas à pas§

Brancher RPFM par MCPVotre agentClaude Codeou CodexRPFM 5rpfm_server.exeMCPappelréponseMCP (Model Context Protocol) : la prise standard par laquelle un agentappelle les commandes d'un outil. RPFM les offre sur votre machine, àl'adresse 127.0.0.1:45127.Lancer le serveursans argument ; il s'arrête avec la dernièresession : relancez-le avant chaque séance.rpfm_server.exe1L'ajouter à l'agentdans un terminal, pas dans la conversation :Claude Code (une seule ligne)claude mcp add --transport http rpfm http://127.0.0.1:45127/mcpCodex (une seule ligne)codex mcp add rpfm --url http://127.0.0.1:45127/mcp2Vérifierrouvrez la session, tapez /mcp : rpfm doit être connecté,avec ses outils.3Avant le premier appel« Lis d'abord la ressource Initialization guide duserveur : elle donne l'ordre des appels. »4
RPFM offre ses commandes sur votre machine ; l'agent les appelle par MCP. Quatre gestes : lancer, ajouter, vérifier, puis lire la ressource qui donne l'ordre des appels. Les commandes à recopier sont juste en dessous ; les pièges, dans le guide RPFM.

La commande du geste 2, à recopier telle quelle, sur une seule ligne, dans un terminal : la première pour Claude Code, la seconde pour Codex.

claude mcp add --transport http rpfm http://127.0.0.1:45127/mcp
codex mcp add rpfm --url http://127.0.0.1:45127/mcp

Organiser le projet pour une IA§

Chaque session repart d'une conversation vierge : l'agent ne sait que ce qu'il relit au démarrage (le point d'entrée et, chez Claude Code, une courte mémoire automatique). Tout ce qui compte doit donc être écrit, au bon endroit, et relu au début de chaque séance.

Début de séance : lirel'agentCLAUDE.md1chargé d'officeJournaldes erreurs2Le guide3Passations4lus parce que CLAUDE.md le demandeJournauxdatésau besoinFin de séance : écrirel'état du projet, quand il change→ CLAUDE.mdune erreur comprise, le jour même, avec sa règle→ Journal des erreursune découverte, avec sa preuve→ Le guideoù en est un chantier qui change de mains→ Passationsles preuves : sorties d'outils, mesures, captures→ Journaux datésCe qui n'est pas écrit est perdu à la séance suivante.
Au début d'une séance, l'agent charge le point d'entrée, qui lui fait lire dans l'ordre les règles du journal des erreurs, le guide et la passation de son chantier ; les journaux datés au besoin. À la fin, chaque chose va dans son livre.
FichierCe qu'il contient
CLAUDE.md (ou AGENTS.md pour Codex)le point d'entrée, lu à chaque session : l'état du projet, les décisions à ne pas rediscuter, qui fait quoi, les recettes, les règles
le journal des erreurschaque erreur : ce qui a été fait, le symptôme, la cause, la règle
le guide techniquele savoir établi : formats, chaînes d'outils, pièges numérotés, avec leurs preuves
les passationsquand un chantier change de mains : où on en est, ce qui reste, ce qu'il ne faut pas refaire
les journaux datésles preuves : sorties d'outils, mesures, captures

Un squelette de CLAUDE.md à copier :

# Mon mod — point d'entrée
## État (date) : ce qui marche, ce qui reste
## Décisions à ne pas rediscuter
## Qui fait quoi : session → domaine (seule à écrire)
## Recettes : commandes exactes
## Règles : sauvegarder avant d'écrire ; rien de publié sans accord

Posez-le à la racine du dossier du projet : l'agent le lit au début de chaque session. Gardez-le court (la documentation de Claude Code conseille moins de 200 lignes) et renvoyez au reste. Il oriente l'agent, il ne verrouille rien : ce qui doit être interdit à coup sûr (lancer le jeu, supprimer, publier) se règle dans les autorisations de l'agent (dans Claude Code, /permissions ; règles « ask » et « deny », ou un hook).

Pour que Codex et Claude Code lisent le même texte, écrivez-le dans AGENTS.md, que Codex lit de lui-même, et mettez dans CLAUDE.md la ligne @AGENTS.md : Claude Code importe alors le fichier au démarrage (sans CLAUDE.md, ses versions récentes lisent directement AGENTS.md). Une phrase « lis CLAUDE.md » ne vaut pas un import : l'agent n'ouvre le fichier que s'il le décide. Notre projet fait l'inverse, un court AGENTS.md qui renvoie à CLAUDE.md : cela marche tant que l'agent suit le renvoi.

Un texte, deux agentsCodexlit AGENTS.md avanttout travailClaude Codelit CLAUDE.md au débutde chaque sessionCLAUDE.md@AGENTS.mdpuis ce qui ne vaut quepour ClaudeAGENTS.mdle texte commun : l'état, les décisions,qui fait quoi, les recettes, les règlesLe lit de lui-mêmeL'importe au démarrageSans CLAUDE.md, les versions récentes de Claude Code lisent AGENTS.mddirectement.Une phrase n'est pas un importCLAUDE.md« Lis AGENTS.md. »Claude Code n'ouvre alors AGENTS.md que s'il le décide.
Un seul texte pour les deux agents : AGENTS.md, que Codex lit de lui-même, et que Claude Code importe par la ligne @AGENTS.md de son CLAUDE.md. Une phrase qui demande de le lire ne vaut pas un import.

Écrivez vos décisions avec « à ne pas rediscuter » : sinon, chaque nouvelle session repropose l'option que vous avez refusée. Chez nous : garder l'échelle de la carte de Warhammer I, pas de découpage de la carte des Empires Immortels.

Plusieurs sessions en parallèle§

Quatre sessions, un chantierLes ressources communesL'Assembly Kit : un préavis d'au moins 5 minutes ;l'heure est calculée par un script.14 h 00on annonce : « à 14 h 05 »au moins 5 min14 h 05on écrit, pas avantLe jeu, Terry, le startpos : on prévient les autressessions.Le pack : jamais reconstruit pendant un essai en jeu.Les documents communs : un seul rédacteur ; les autreslui envoient leurs erreurs.Un fichier neuf : vérifier d'abord que son nom est libre.Pack et startposle pack, le startpos,les essais ; lesdocuments communsDonnées et scriptsles tables, lesscripts, les textesRendu de la carterivières, lacs, ponts,montagnes, texturesExtensionla carte à venir, cesiteRanger, jamais supprimer : seul l'humain supprime.
Chaque session a son domaine et y écrit seule ; ce qu'elles partagent (le kit, le jeu, le pack, les documents communs) obéit à des règles écrites, que chacune relit au début de sa séance.

Ouvrir deux sessions, pas à pas§

  1. Ouvrez chaque session dans le même dossier de projet (deux terminaux, ou deux sessions de l'application).
  2. Premier message de chacune : son nom, son domaine, les fichiers où elle seule écrit, et ce qu'elle ne touche pas.
  3. Reportez ce partage dans le tableau « Qui fait quoi » du point d'entrée : chaque session le relit en commençant.
  4. Avant d'écrire dans une ressource commune, la session annonce une heure (au moins cinq minutes plus tard), attend son minuteur, puis écrit. Les annonces passent par vous, ou par un message d'une session à l'autre si votre outil le permet (c'est ce que nous faisons).
  5. Une seule session tient les documents communs ; les autres lui envoient leurs erreurs.

La boucle de travail§

Chaque tâche fait un tour de roue. Le dernier cran compte autant que les autres : une erreur comprise s'écrit le jour même, avec la règle qui l'évite.

  1. Consignele but, le critère, les interdits
  2. Travailscripts, tables, essais
  3. Preuvecommande, sortie, capture
  4. Jugementen jeu, face à la référence
  5. Journal des erreursl'erreur et sa règle

Chaque erreur comprise laisse une règle écrite.

La roue du chantier : on ne passe à la tâche suivante qu'avec une preuve et un jugement.

Une bonne consigne§

Six lignes suffisent. Voici celle d'un essai de trente tours :

ConsigneButla campagne tient 30 tours en mode« l'IA joue tout ».Critère0 plantage, 0 erreur dans lescript_log.Sourcesle guide du projet, le bilan del'essai d'hier.Interditsne pas toucher au startpos ;prévenir avant de lancer le jeu.Preuvela commande exacte, le bilan destours, un extrait du journal.Témoinle même essai sur la versiond'hier, qui tenait 30 tours.
Une consigne en six lignes : ce qu'on veut, comment on saura que c'est réussi, d'après quoi, ce qui est interdit, ce qu'on rapporte, et le témoin qui permet de conclure.

Pour un document de référence, ajoutez une relecture par un second agent : il trouve ce que le premier ne voit plus ; la première version de notre guide technique interne contenait neuf erreurs.

Le journal des erreurs, et les règles codées§

C'est l'outil qui a le plus rapporté. Chaque entrée tient en quatre temps : ce qui a été fait, le symptôme, la cause, la règle. Étiquette évitable si quelqu'un l'avait déjà écrit quelque part (l'entrée donne la règle qui l'évite) ; découverte sinon (l'entrée donne la preuve, et le fait rejoint le guide).

Une erreurquoi → symptôme → causeQuelqu'un l'avait-ildéjà écrite ?ouinonÉvitablela règle qui l'éviteDécouvertela preuveCodéeun script qui refused'avancerLe guidele fait rejoint sespièges : il devientévitablesi possible
Chaque erreur comprise s'écrit : évitable, elle donne une règle, codée si possible dans un script qui refuse d'avancer ; découverte, elle donne une preuve, et le fait rejoint le guide.

Une entrée du journal, à copier :

34. [évitable] Enchaîner la suite sans attendre la fin du jeu.
Symptôme : essai sans valeur. Cause : « Success » en 0 s = « jeu lancé ».
Règle (codée) : attendre que le processus du jeu apparaisse, puis disparaisse.

Une règle seulement écrite se ré-oublie. Chez nous, la règle « jamais de Python par heredoc » (un heredoc est un bloc de texte collé dans une commande du terminal) est écrite depuis le 21 septembre 2026 et a été enfreinte plus de dix fois dans les trois jours suivants, par plusieurs sessions, dont une fois avec dégâts : une barre oblique perdue a effacé la ponctuation de 102 textes français. Quand c'est possible, codez-la dans un script qui refuse d'avancer : chez nous, la construction du pack refuse un fichier déclaré dans une table et absent du pack, vérifie la syntaxe de chaque script Lua, et un contrôle exige que le compteur de sauvegarde du startpos vaille 1. Et ce qui doit tenir à coup sûr se verrouille dans les autorisations de l'agent (dans Claude Code, règles « ask » et « deny », ou un hook avant chaque commande) : c'est l'outil qui les applique, pas le modèle.

Une règle, trois forcesVerrouillée dans l'agentses autorisations (règles « ask », « deny ») ou unhook avant chaque commande : l'agent ne peut pluspasser outre.Claude Code : /permissions, ou.claude/settings.json ; Codex : voyez sa documentationCodée dans un scriptil refuse d'avancer : un fichier déclaré mais absentdu pack, une erreur de syntaxe Lua, un startpos dontle compteur de sauvegarde ne vaut pas 1.Écritedans le point d'entrée : l'agent la lit… et peutl'oublier.« jamais de Python par heredoc » : écrite le 21 septembre,enfreinte plus de dix fois en trois joursplus sûr
Une règle écrite oriente l'agent ; codée dans un script qui refuse d'avancer, ou verrouillée dans ses autorisations, elle l'arrête vraiment.

Les cinq règles qui coûtent le plus quand on les oublie§

  1. Ne jamais jeter les messages d'un validateur : les regrouper et les compter.
  2. Vérifier la donnée avant de crier au bug : un message qui cite une table se vérifie dans la table.
  3. Faire relire un document de référence contre ses sources avant de le livrer.
  4. Se demander ce que l'écran apprendrait que le disque ne donne pas, avant de piloter une fenêtre.
  5. Ne jamais lancer un outil avec des options devinées.

Le récit de ces journées, avec les ratés, est dans le journal : Travailler avec une IA sur un gros mod.

Exemple : les icônes des monuments§

Dans Warhammer III, chaque monument a sa petite icône de 74 pixels, dans le style dessiné de CA. Il en fallait dix pour des monuments que le jeu n'a pas (Turris Vigilans, l'Humble Chapelle, le Tombeau du Duc écarlate…). Aucun générateur d'images : l'IA les a dessinées par du code, et Charles a jugé chaque version.

  1. Mesurer le style de CA

    Une seule couleur, une opacité maximale de 0,8, des aplats pleins ; le « fait main » est au bord (contour rongé, brosse sèche) et dans les traits clairs, jamais en grain réparti. Mesuré par script sur les icônes du jeu.

  2. Chercher le lore

    Turris Vigilans est un temple de Verena qui sert de phare ; l'Humble Chapelle, malgré son nom, est un édifice orné. Ce qui n'est décrit nulle part reste générique, et marqué comme un choix. Un nom se vérifie dans les textes français du jeu avant de s'imposer : Verena, pas « Vérène ».

  3. Dessiner par script

    Du SVG en trois couches (lavis pâle, masses à l'encre, détails par-dessus), des contours tremblés, des coups de pinceau à largeur variable ; une graine fixe par icône, pour que le script redonne toujours la même image.

  4. Rendre, puis retoucher au pixel

    Un rendu à huit fois la taille, réduit à 74 pixels, puis une passe automatique qui fait ce que fait un graphiste : aplats pleins, bords durcis d'un pixel, traits clairs continus, pixels isolés retirés.

  5. Comparer, juger, recommencer

    Une planche met chaque icône à côté d'une icône de CA de même famille, agrandie et à taille réelle, sur parchemin et sur fond sombre. Charles juge ; trois versions ont suffi.

    ↺ Retour à « Dessiner par script » tant que Charles n'a pas validé.

V1 : premier jettaille réelle, 74 pxUne seule couleur, à 80 % d'opacité auplus : déjà juste, gardée. Mais ungrain réparti sur toute la surface.V2 : le styletaille réelle, 74 pxLe trait de CA regardé aupixel : aplats pleins, bords tremblés,réserves claires continues. Le grainréparti disparaît.V3 : le loretaille réelle, 74 px« Despite the name, it's an ornatestructure » (1d6chan, un wiki quirésume les livres) : deux tours, unerose, des statues, trois portails,le Graal au faîte. La forme vientd'une comparaison avec Notre-Dame ; leplan exact n'est pas décrit.
V1 : premier jetV2 : le styleV3 : le loreà taille réelle, 74 pxV1V2V3
  1. V1 : premier jetUne seule couleur, à 80 % d'opacité au plus : déjà juste, gardée. Mais un grain réparti sur toute la surface.
  2. V2 : le styleLe trait de CA regardé au pixel : aplats pleins, bords tremblés, réserves claires continues. Le grain réparti disparaît.
  3. V3 : le lore« Despite the name, it's an ornate structure » (1d6chan, un wiki qui résume les livres) : deux tours, une rose, des statues, trois portails, le Graal au faîte. La forme vient d'une comparaison avec Notre-Dame ; le plan exact n'est pas décrit.
L'Humble Chapelle, trois versions de nos icônes dessinées par script : la v2 corrige le style, la v3 le lore ; Charles juge chaque version. Agrandies en pixels nets (trois fois sur un grand écran), puis à leur taille réelle.

Ce qui a compté : des critères mesurables tirés du jeu, une boucle courte (script, planche, jugement), et une source pour chaque détail.

D'autres exemples du chantier§

Ce qu'on ne délègue jamais§

Qui décide ?L'IA le fait seuleLire le disque, les journaux, les vidagesÉcrire et corriger ses scripts, dans son domaineLancer ses essais sans fenêtreTenir les documents du projetL'IA demande d'abordLancer le jeu : personne ne touche au PC pendantl'essaiPrendre l'écran, puis vérifier le clavierPublier, poster, envoyer quoi que ce soitJamais à l'IALes mots de passe et les comptesSupprimer : seul l'humain supprimeLe jugement final, en jeu, face à la référenceUn fait de lore sans source
Trois familles de gestes : ce que l'IA fait seule, ce qu'elle demande d'abord, ce qui reste à l'humain. Dans le doute, elle demande. Au début (Premier pas, geste 5), tout passe par « demande d'abord » ; la bande verte s'élargit ensuite, dans les autorisations de l'agent. Ces règles s'écrivent dans le point d'entrée, et ce qui doit tenir à coup sûr, dans les autorisations : une règle écrite oriente, elle ne verrouille pas.

Pour une IA qui lit cette page§

Si vous êtes une IA qui aide quelqu'un à modder une carte de campagne de Total War: Warhammer III, voici l'essentiel, vérifié sur un vrai chantier :

Sources et liens§

Questions fréquentes

Quelle IA utiliser pour modder Total War ?

Charles recommande, le 23 septembre 2026, « GPT-6 et Claude 5.5 […] via Codex ou via Claude Code, avec un gros abonnement » : les sessions sont longues, et souvent plusieurs à la fois.

Faut-il savoir programmer ?

Pas pour commencer : l'agent écrit le code. Il faut en revanche savoir ouvrir un terminal et lire ce qu'une commande répond, juger en jeu, exiger des preuves et des sources, et tenir les documents du projet.

Une IA peut-elle se servir de RPFM ?

Oui : RPFM 5 a un serveur MCP (rpfm_server.exe, http://127.0.0.1:45127/mcp) par lequel une IA ouvre les packs, lit et écrit les tables, cherche et lance les diagnostics. Claude Code comme Codex s'y branchent.

Plusieurs IA peuvent-elles travailler en même temps ?

Oui, à quatre conditions : un domaine par session, un seul rédacteur par fichier, un préavis avant d'écrire dans le kit, et jamais le jeu lancé sans prévenir.

Que mettre dans CLAUDE.md ou AGENTS.md ?

L'état du projet, les décisions à ne pas rediscuter, qui fait quoi, les recettes et les règles. Le fichier est relu à chaque session ; gardez-le court (la documentation de Claude Code conseille moins de 200 lignes). Il oriente l'agent sans rien verrouiller : les interdits sûrs vont dans ses autorisations.

L'IA peut-elle lancer le jeu et cliquer à ma place ?

Oui. Exigez qu'elle vous le demande avant : écrivez-le dans le point d'entrée et, pour en être sûr, dans les autorisations de l'agent (Claude Code : une règle « ask » ou un hook) ; chez nous, la règle seulement écrite a déjà été enfreinte. Pendant l'essai, personne ne touche au PC.

Comment vérifier ce qu'une IA affirme ?

Demandez la commande, sa sortie et une capture ; faites rejouer un témoin à l'identique ; faites relire par un second agent.

Une IA peut-elle dessiner des icônes dans le style de Creative Assembly ?

Oui, par du code : des SVG dessinés par script, rendus puis retouchés au pixel, avec des critères mesurés sur les icônes du jeu, et un humain qui juge chaque version.

Comment éviter qu'une IA répète ses erreurs ?

Un journal des erreurs (fait, symptôme, cause, règle) relu à chaque session, les règles codées en garde-fous dans les scripts, et les interdits dans les autorisations de l'agent.

Peut-on faire confiance à une IA sur le lore ?

Seulement avec des sources : exigez-les, et marquez comme un choix tout ce qui n'en a pas.

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